
La Journée internationale de la sensibilisation au problème des mines et de l’assistance à la lutte antimines, célébrée chaque année le 4 avril, a été proclamée par l’Organisation des Nations Unies le 8 décembre 2005.
Cette journée vise à attirer l’attention mondiale sur les dangers persistants des mines terrestres et des restes explosifs de guerre qui continuent de menacer des millions de personnes à travers le monde. Elle met également en lumière les efforts internationaux déployés pour éliminer ces menaces silencieuses et mortelles qui affectent des communautés bien longtemps après la fin des conflits.
Les mines antipersonnel sont des engins explosifs généralement placés sous le sol ou au niveau du sol, conçus pour exploser au passage d’un véhicule ou d’un individu. Leur caractéristique la plus dangereuse est qu’elles restent actives pendant des décennies après les conflits, transformant des terres fertiles en zones de danger permanent. Cette journée a été instaurée pour sensibiliser l’opinion publique mondiale à cette menace invisible qui continue de faire des victimes chaque jour dans de nombreux pays autrefois touchés par la guerre. Les enfants figurent parmi les victimes les plus vulnérables, car ils peuvent confondre ces engins avec des jouets.
De plus, les mines ne font aucune distinction entre un soldat et un civil, frappant aveuglément et laissant souvent des blessures permanentes chez ceux qui survivent à l’explosion.
En 1997, la Convention d’Ottawa a marqué une étape cruciale dans la lutte contre les mines antipersonnel en interdisant leur emploi, leur stockage, leur production et leur transfert. À ce jour, 164 pays ont ratifié ou adhéré à cette convention, démontrant une volonté collective de mettre fin à cette arme inhumaine. D’autres accords internationaux importants ont suivi, comme le Protocole V de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) en 2006, qui traite spécifiquement des restes explosifs de guerre.
Les mines terrestres et autres restes explosifs de guerre ont des conséquences dévastatrices sur les communautés touchées. L’Observatoire des mines fait état d’au moins 5 757 victimes de mines en 2023, soit une augmentation de 22 % par rapport à 2022 (4 709 victimes). De plus, 84 % des victimes étaient des civils. Au-delà des pertes humaines, les mines empêchent le développement socio-économique des régions affectées : les routes minées bloquent le transport des biens, les champs minés ne peuvent être cultivés, et les zones urbaines contaminées forcent les populations à fuir leurs foyers.
Ainsi, chaque année, les Nations Unies et leurs partenaires organisent des événements pour commémorer cette journée et rappeler l’importance de la lutte antimines. En 2024, le thème était « Protéger des vies, construire la paix », soulignant le lien étroit entre le déminage et la construction d’une paix durable. Pour 2025, le thème sera “Agir maintenant pour bâtir un avenir sûr », mettant l’accent sur la nécessité de créer un environnement sécurisé pour permettre aux communautés de se reconstruire.
Des organisations comme le Service de l’action antimines des Nations Unies (UNMAS) et le Centre international de déminage humanitaire de Genève (GICHD) jouent un rôle crucial dans la coordination des efforts mondiaux de déminage et d’assistance aux victimes. Ces organisations travaillent en étroite collaboration avec les autorités nationales pour développer des stratégies de déminage adaptées aux contextes locaux et former des démineurs locaux.
L’AISP–SPIA depuis 1994, s’est joint aux 6 associations qui ont poussées les Etats a signer la convention d’Ottawa. Grâce à son adhésion à la campagne, elle a été de ceux des lauréats du prix Nobel de la paix sur les mines antipersonnel. Depuis cette époque nous n’avons cessé de travailler sur la sensibilisation, la destruction et le déminage sans oublier l’aide aux victimes dans plusieurs pays. L’AISP souhaite que la communauté internationale prenne de vraies positions pour interdire l’utilisation des mines antipersonnel par des pays qui ont déjà signé la convention d’Ottawa et que cette utilisation soit considérée comme crime de guerre et crime contre l’humanité. Nous exhortons tous les Etats a ne plus en fabriquer et déplorons que les États-Unis comme la Russie et l’Ukraine recourent de nouveau à l’utilisation et la commercialisation de ces armes.
Gabriel Dardé
AISP-SPIA